Distinguer une vessie hyperactive d’une atteinte rénale est essentiel pour éviter des complications graves liées aux troubles urinaires.


Causes de l’infection rénale

Une infection rénale peut avoir différentes causes. La cause la plus fréquente de pyélonéphrite est une infection par la bactérie Escherichia coli. Cette bactérie se retrouve généralement dans le gros intestin, mais elle peut remonter dans les reins via les voies urinaires, ce qui est à l’origine d’une infection urinaire puis d’une infection rénale. Dans des cas plus rares, d’autres bactéries peuvent être à l’origine d’une pyélonéphrite, comme le staphylocoque par exemple. Dans certains cas, l’infection rénale peut aussi être favorisée par une obstruction des voies urinaires. Plusieurs choses peuvent être à l’origine de cette obstruction, comme un calcul rénal, une tumeur présente dans la zone ou une malformation de l’appareil urinaire. Les patients concernés ont également plus de chances de développer une pyélonéphrite chronique, c’est-à-dire une infection rénale prolongée.

Le risque de contracter une infection rénale est également plus important pour les femmes pendant certaines périodes de leur vie. C’est le cas au début de leur vie sexuelle, au début de la ménopause ou encore lors d’une grossesse, car l’utérus, qui est distendu, comprime les voies urinaires et gêne l’écoulement des urines. En ce qui concerne les hommes, une infection de la prostate, appelée prostatite, peut augmenter les risques de développer une infection du rein, car l’urètre traverse la prostate pour atteindre la vessie. Enfin, le fait d’avoir un cathéter à demeure dans la vessie peut favoriser la pénétration des bactéries près des reins, et ainsi causer une infection rénale.


Infection rénale : quand consulter ?

La première étape lorsque l’on suspecte une infection rénale est de prendre rapidement rendez-vous chez son médecin traitant. Il ne faut pas tarder à consulter un professionnel de santé en cas de symptômes pouvant être liés à une pyélonéphrite, car des complications peuvent se manifester si l’infection n’est pas rapidement prise en charge. Parmi les conséquences graves d’une infection rénale, on retrouve l’apparition de lésions sur les reins, le développement d’un abcès au niveau des reins ou à proximité, ou encore une septicémie, qui est une infection du sang qui peut s’avérer mortelle. Le site internet de l’association de patients France Rein précise également que « la répétition des infections du rein, ou pyélonéphrites, provoque une inflammation du tissu interstitiel du rein ». De plus, il est important d’agir très rapidement si les signes d’une infection rénale se manifestent chez un patient à risque, comme un jeune enfant ou une personne âgée. Il est alors en effet recommandé de consulter un médecin de toute urgence, voire d’envisager une hospitalisation en cas de symptômes graves.


Examens et diagnostics de l’infection rénale

Dans un premier temps, le médecin va examiner le patient et lui poser des questions pour s’assurer que les symptômes ressentis sont bien ceux associés à une infection rénale. Pour confirmer son diagnostic, le professionnel de santé peut ensuite réaliser plusieurs examens. Un test réalisé avec une bandelette urinaire permet tout d’abord de détecter les leucocytes et les nitrites qui démontrent la présence de bactéries dans les urines. Si ce test est positif, un examen cytobactériologique des urines, aussi appelé ECBU, est ensuite systématiquement prescrit. Cet examen réalisé à partir d’un échantillon d’urine permet d’étudier différents types de cellules présentes dans les urines, ainsi que de rechercher et d’identifier des bactéries. Le prélèvement d’urine peut se faire chez soi ou dans un laboratoire, de préférence le matin au réveil. Il doit se faire avant la prise d’un traitement médicamenteux, comme des antibiotiques.

Dans certains cas, le médecin peut prescrire une échographie des reins, des voies urinaires ou de la vessie, notamment s’il s’agit d’une récidive, d’une infection persistante ou si les symptômes sont particulièrement douloureux. Cet examen d’imagerie médicale permet notamment de voir si un calcul est présent, si les voies urinaires sont anormalement dilatées ou s’il y a un abcès rénal. Enfin, des examens biologiques sanguins ou un scanner de la vessie et des reins peuvent être prescrits en cas de pyélonéphrite aiguë à risque de complications, pour avoir plus d’informations sur l’état de santé du patient.


Traitements de l’infection rénale

L’examen cytobactériologique des urines, ou ECBU, est obligatoire pour confirmer le diagnostic d’infection rénale. Lorsqu’un patient souffre de pyélonéphrite, le médecin prescrit très rapidement un traitement antibiotique. Ce traitement est défini selon les résultats obtenus lors de l’examen cytobactériologique des urines. D’autres critères rentrent en ligne de compte pour choisir la meilleure posologie pour le patient, comme l’état de son système immunitaire ou le fonctionnement de ses voies urinaires. Dans la majorité des cas, le traitement antibiotique dure entre cinq et dix jours. La prescription peut durer jusqu’à deux semaines dans certains cas. Il s’agit en effet de soigner l’infection rénale, mais aussi d’éviter toute récidive. À la fin du traitement, un nouvel examen réalisé à partir d’un prélèvement urinaire permet d’être sûr de la fin de l’infection. Les patients souffrant de pyélonéphrite chronique peuvent se voir prescrire la prise de petites doses d’antibiotiques sur le long terme.


Comment prévenir une infection rénale ?

L’infection rénale peut toucher tout le monde, et à tous les âges. Il est cependant possible de prévenir efficacement une infection rénale. Pour cela, l’idéal est de mettre en place certains gestes qui permettront d’éviter les infections urinaires. Pour cela, il est conseillé :

  • de boire au moins deux litres d’eau par jour ;
  • d’aller uriner dès que l’envie se fait sentir ;
  • de privilégier les produits d’hygiène intime sans parfum ;
  • d’éviter les douches vaginales ;
  • de porter des sous-vêtements en coton ;
  • d’éviter de porter des pantalons trop serrés ;
  • d’uriner après chaque rapport sexuel ;
  • de changer régulièrement les couches des bébés.

De plus, certaines bonnes habitudes peuvent permettre de prendre soin de ses reins, et donc de prévenir toutes les pathologies pouvant toucher ces organes. Il s’agit d’éviter l’abus d’alcool, de faire attention à bien respecter les doses conseillées pour les médicaments, y compris pour ceux sans ordonnance, ou encore d’éviter toute prise de drogue.

Sources :

Inserm, Le Manuel MSD, Assurance maladie, Association France Rein

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