La nostalgie de la fusion
Une autre piste d’explication s’oriente vers le versant psychologique et l’histoire personnelle de chacun. Plusieurs études évoquent le fait que la dysphorie post-coïtale serait plus prégnante chez les personnes qui présentent une sensibilité exacerbée et une peur de l’abandon. En effet, pendant l’acte sexuel la fusion entre les partenaires est très forte. Or, pour celles et ceux qui sont dans l’insécurité affective, il est douloureux de se séparer de l’autre après l’amour et de gérer le difficile retour à la solitude. “La fusion des partenaires qu’entraîne la relation sexuelle peut déclencher un sentiment de séparation déchirante lorsque celle-ci se termine, analyse la sexologue. Cette perception est accentuée par une sensibilité et une vulnérabilité plus grande face aux émotions négatives.”
Laisser passer la vague
On l’aura compris le sex blues n’a rien d’anormal et il convient de le relativiser. Certes, être assailli par un flot d’émotions contradictoires après l’orgasme peut s’avérer déstabilisant, mais mieux vaut accepter cet état plutôt que de batailler contre lui. La meilleure réaction est sans doute d’accompagner la vague sans chercher à la retenir. Si les pensées tristes arrivent, on les laisse passer. Si les larmes viennent, on les laisse couler… Mais l’essentiel est de partager ses émotions paradoxales avec son partenaire, de trouver les mots pour décrire son état. Et s’il n’y a pas à en avoir honte, veillez toutefois à ne pas le faire culpabiliser. Ensemble, par les paroles, la tendresse, les caresses, vous pourrez trouver le moyen de d’apaiser ce looping émotionnel, de renouer avec des pensées positives et de retrouver une forme de sérénité après l’amour. Et peut-être ce sera aussi l’occasion de découvrir que votre partenaire est également en proie au sex blues. Car la dysphorie post-coïtale concerne aussi bien les hommes que les femmes. Même si ces messieurs, de leur côté, éprouvent plutôt le sentiment d’être malheureux et de manquer d’énergie…
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