À l’été 1518, plusieurs centaines d’habitants de Strasbourg ont été saisis d’un besoin irrépressible de danser sans s’arrêter pendant des jours et des jours, ce qui provoquera la mort de certains d’entre eux. Cinq siècles plus tard, cet événement extraordinaire, qualifié de « manie dansante » par les chroniqueurs de l’époque, suscite toujours beaucoup d’interrogations…. Lire la suite
Le texte, aujourd’hui transcrit sous une forme standardisée pour permettre son étude informatique, contient des milliers de mots construits à partir d’un nombre limité de signes. Leur répartition ne semble pas être aléatoire. Certains termes reviennent fréquemment, d’autres apparaissent dans des sections particulières, et la longueur des mots suit des régularités qui rappellent, par certains aspects, celles de langues naturelles.
C’est précisément ce qui rend le manuscrit si déroutant. S’il s’agissait d’un simple charabia destiné à donner l’illusion d’un savoir secret, pourquoi observerait-on autant de structures statistiques ? Mais s’il s’agit d’une véritable langue, pourquoi reste-t-elle incompréhensible ? Et si le texte est chiffré, quel procédé a pu résister à plus d’un siècle d’analyses ?
Une autre page du manuscrit de Voynich. © Public Domain
Une énigme qui résiste à l’épreuve du temps
Au fil des années, presque toutes les pistes ont été explorées : langue perdue, alphabet inventé, code diplomatique, système de stéganographie, langue artificielle, voire supercherie savante. Des cryptographes professionnels, y compris des spécialistes formés au déchiffrement de messages militaires, se sont attaqués au problème sans parvenir à trouver la solution.
Toute aussi étranges, les illustrations, que l’on pourrait croire plus faciles à interpréter que le texte, ajoutent en réalité une nouvelle couche de mystère. La partie dite « botanique » représente de grandes plantes coloriées, avec racines, feuilles et fleurs soigneusement dessinées. Pourtant, la plupart ne correspondent clairement à aucune espèce connue.
Certains chercheurs pensent que ces végétaux pourraient être des assemblages. L’auteur a pris la racine d’une plante, les feuilles d’une autre, la fleur d’une troisième. D’autres y voient des représentations stylisées, conformes à certaines traditions de manuscrits médicaux médiévaux. Les sections astronomiques et astrologiques semblent, elles aussi, familières sans être véritablement identifiables. Le manuscrit donne ainsi l’impression troublante d’un savoir presque reconnaissable, tout en étant impossible à déchiffrer.
Ces dernières années, l’intelligence artificielle s’est attaquée l’étude du Voynich. Des algorithmes analysent la fréquence des signes, la structure des mots, leurs positions dans les pages ou les différences entre les sections, sans que cela n’ait donné le moindre résultat pour l’instant.
Envie de vous mesurer à l’énigme ? Conservé à la bibliothèque Beinecke de l’université Yale, le manuscrit est intégralement consultable en ligne, page après page, en haute définition.